Avec le printemps, les pollens mais aussi d’autres allergènes perturbent le système immunitaire des personnes allergiques. Elles sont 20 % en France à connaître des crises à cette saison qui se traduisent par des rhinites, conjonctivites, de l’asthme ou encore de l’eczéma. Jean-François Nicolas, responsable de l’équipe Inserm “Immunologie de l’allergie cutanée et vaccination“, nous explique comment prévenir ces pathologies et guérir les cas les plus sévères.
Les pollens sont responsables d'allergies respiratoires comme la rhinite allergique.
Des gestes simples de préventionJean-François Nicolas, responsable de l’équipe Inserm “Immunologie de l’allergie cutanée et vaccination“ au Centre international de recherche en infectiologie de Lyon, rappelle les gestes simples pour adopter un comportement préventif. Se laver les yeux tous les soirs avec du sérum physiologique et se nettoyer le nez, et appliquer des émollients très simples sur la peau comme la paraffine pour renforcer notre barrière cutanée.Consulter un allergologueLe médecin allergologue va effectuer des
tests allergologiques cutanés comme le prick tests. Le principe est de déposer séparément des
allergènes sous forme de gouttes qui contiennent chacune un allergène spécifique (une quinzaine, dont les graminées, cyprès, bouleaux, acariens, animaux à poils, etc.) : après avoir déposé chaque goutte sur l’avant-bras, le médecin pique la peau en traversant chaque goutte. Si le sujet est sensibilisé, les cellules qui sont dans la peau, les
mastocytes, vont libérer des substances pro-inflammatoires et provoquer une
papule, une sorte de bouton, qui sera mesuré. Ces tests permettent d’affirmer l’
allergie – qui peut intervenir à n’importe quel âge -, d’identifier et d’éviter le plus possible l’allergène en toute connaissance de cause.Consulter les comptes polliniques Le Réseau national de surveillance aérobiologique (
RNSA) mesure les pollens qui sont de plus en plus nombreux dans l’air (une centaine). Au total, plus de 70 capteurs sont répartis sur toute la France. Consultables sur Internet, ces données permettent de démarrer la prise du traitement préventif par antihistaminique avant le début des symptômes de type éternuement, écoulement nasal ou
asthme. Pour les pollens de graminées, il faut par exemple éviter de rouler en voiture les fenêtres ouvertes dans la campagne pendant l’été ou encore se laver les cheveux le soir pour ne pas les déposer sur l’oreiller et les faire ensuite entrer en contact avec les yeux, etc.Du traitement symptomatique à la désensibilisationPour plus de 10 % des patients atteints d’
allergies respiratoires, le traitement
antihistaminique, bien toléré, permet de retrouver une vie normale. A cela s’ajoute une prise de
corticoïdes en spray nasal quand le nez est obstrué ainsi que des gouttes dans les yeux.Si l’allergie persiste (deux ans de symptômes) avec une allergie identifiée, une
désensibilisation peut être envisagée. Pour les graminées, la désensibilisation est très efficace selon les spécialistes, et peut se faire par voie orale avec des comprimés. La durée de désensibilisation varie entre trois à cinq années de saison pollinique consécutives. Entre 5 et 10 % des patients allergiques comptent parmi ces cas les plus sévères. Actuellement des études cliniques sont en cours pour évaluer des patchs d’allergènes comme une nouvelle voie d’administration épicutanée.AFP/Relaxnews