Le grand patron congolais, âgé de 63 ans et tiré à quatre épingles, est capable de tenir toute une conférence de presse pour dénoncer les “mensonges” des ONG occidentales et leurs enquêtes sur la corruption en République démocratique du Congo.En pleine campagne avant les élections du 18 décembre, Albert Yuma proclame que ces ONG sont à la solde du milliardaire américain Georges Soros. Lequel est accusé de vouloir déstabiliser la RDC pour permettre aux Anglo-Saxons de faire, dit-il, main basse sur le cobalt congolais. “Mais bien sûr que j’y crois vraiment”, assure-t-il de sa voix métallique dans un entretien avec l’AFP.”Prédation des élites du pays”L’homme d’affaires, qui dirige aussi la Fédération des entreprises congolaises (FEC), le syndicat patronal, n’est pas qu’un simple obligé du président Kabila. Ni un dignitaire politique. Ni un ennemi de l’Occident égaré dans les théories du complot. Dans la capitale minière Lubumbashi, il règne sur le siège flambant neuf de la Générale des carrières et des mines (Gécamines), le fleuron minier national 100% public qu’il tente de redresser. La Gécamines est “une société d’Etat héritée du colon belge et nationalisée en 1967, qui fut le socle de l’économie congolaise, puis une formidable ‘caisse noire’ des régimes successifs”, rappelle Le Monde. “Au fil des dernières décennies, les bénéfices du groupe minier se sont effondrés, sans que cesse la prédation des élites du pays sur ce trésor qu’elles pensaient inépuisable”. Pendant ce temps, les mineurs n’étaient pas toujours payés.Attaques contre les OccidentauxAlbert Yuma Mulimbi est né en 1955 au Katanga, fief du chef de l’Etat et de ses proches. Cet état-civil passe pour un sésame qui mène aux responsabilités. “Ça fait sourire. Je suis dans les affaires depuis 36 ans. Le président Kabila est là depuis 17 ans”, commente-t-il.“Citizen Yuma” a fait carrière et fortune dans un groupe textile belge reconverti dans l’immobilier à Kinshasa, Texaf. Avec un associé belge, il “détient 5% du capital, représentant une fortune d’environ 8 millions d’euros”, affirmait Jeune Afrique en 2015.

Usine de Gécamines à Lumubashi, dans la province du Katanga (RDC), connue pour ses minerais. Photo prise en 2011.  (PHIL MOORE / AFP)