#AlertePollutionRivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Stéphane Foucart, journaliste au journal Le Monde, ajoute qu’il est très difficile d’avoir des preuves. Un argument que les industriels utilisent pour se défendre : “Quand vous exposez une très grande population à un produit actif comme le glyphosate, évidemment, il est très compliqué par la suite d’attribuer des maladies qui peuvent survenir des années après l’exposition. Donc formellement, oui, c’est très difficile de mettre en évidence des preuves et on pourra toujours construire des éléments de langage.”Des protocoles d’études hétérogènesIl existe néanmoins de nombreuses études scientifiques sur le glyphosate, mais qui souvent ne sont pas indépendantes, ce que regrette Pierre Souvet, qui dénonce le fait que “souvent c’est l’industriel qui doit démontrer que le produit est toxique ou pas toxique”. Ainsi, pour lui, “il faut renforcer les moyens des agences indépendantes pour qu’elles puissent mener leurs propres études.”L’évaluation “de façon sérieuse” de la nocivité d’un produit, “c’est un travail extrêmement compliqué, et qui vous mène en bateau”, affirme de son côté Cédric Villani, vice-présidents de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Selon lui, “il y a différentes philosophies dans l’évaluation de la dangerosité d’un produit”, ajoutant que “les notions de risques, de danger et de toxicité sont des nuances importantes”. Des dizaines d’avis différents sont émis par des agences, selon des protocoles différents. Un sujet complexe “sur lequel il n’y a pas de conclusions”.Des lobbies qui entretiennent le flouPour José Bové, joint par franceinfo, les arguments utilisés par le sénateur Pierre Médevielle sont régulièrement utilisés par Monsanto “pour essayer de discréditer tous les rapports scientifiques”. De la “propagande” pour le député européen. Une version à laquelle Stéphane Foucart ajoute : “Vous avez exactement cet élément de langage, qui a été activement promu par Monsanto à l’époque, qui se retrouve comme ça dans la bouche d’un parlementaire.” Dans un communiqué qui lui a été envoyé en janvier 2016 par le cabinet de lobbying embauché à l’époque par Monsanto, le journaliste raconte avoir lu cette phrase : “Récemment, le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé la viande rouge comme probablement cancérogène, et la viande transformée (jambon, charcuterie) comme cancérigène. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas manger ces aliments. En effet, le CIRC n’a pas pris en compte les données d’exposition, etc.”Un “enfumage pour perpétuer la confusion”, selon Pierre Souvet. “Il y a sûrement des parlementaires tout à fait indépendants et de bonne foi mais certains entretiennent un doute, une confusion, une manipulation de l’opinion qui est à mon avis malvenue”, accuse Pierre Souvet. “C’est troublant, surtout avec toutes les affaires qui sont sorties, le fichage de certains scientifiques, parlementaires et ONG sur le sujet, tout cela renforce notre trouble.”Click Here: Cardiff Blues Store
