Robert Mugabe, dont le décès a été annoncé le 6 septembre, avait pris les rênes de l’ex-Rhodésie, devenue indépendante, en 1980. Pendant son règne de 37 ans à la tête du Zimbabwe, l’un des plus longs sur le continent africain, il était passé du statut de héros de l’indépendance et chouchou de l’Occident à celui de tyran qui a provoqué l’effondrement économique de son pays.Pour son 93e anniversaire, il avait invité le 25 février 2017 des milliers de partisans pour de luxueuses agapes, plus controversées que jamais dans un Etat au bord de la faillite. Malgré son âge canonique, il ne semblait pas du tout, mais alors pas du tout, décidé à passer la main… Quelques mois plus tard, en novembre de la même année, il était pourtant renversé par son vice-président, Emmerson Mnangagwa.En ce 25 février 2017, le journal The Herald, qui se présente comme “le plus grand quotidien” du Zimbabwe, publiait pas moins de 24 pages remplies de messages de félicitations de ministres et de soutiens du régime. Sur la page d’accueil du site internet du même journal, on voyait le président zimbabwéen, tout sourire, le cou entouré de colliers de fleurs, au milieu d’une myriade de ballons gonflables de toutes les couleurs. Et d’expliquer que les célébrations de l’anniversaire 

Robert Mugabe, lors de la célébration de son anniversaire, vu par le site du quotidien “The Herald” (DR, capture d’écran)

De leur côté, radio et télévision officielles inondaient leurs ondes de chansons à sa gloire.Et l’on s’en doute : les commentaires de ses partisans étaient très laudatifs. “C’est un honneur et un privilège de partager une célébration avec une telle icône lumineuse”, expliquait alors à l’AFP un cadre local de son parti, la Zanu-PF, Sibongile Ndiweni. De la Grace dans tout cela…Robert Mugabe, lui, était à des années lumière de la misère de son peuple. Et avant d’être emporté par un coup d’Etat, il s’était toujours gardé  de nommer un successeur. Sa deuxième épouse Grace, 51 ans en 2017, qu’il décrivait comme un “feu d’artifice”, se serait bien vu calife à la place du calife. Le couple s’était marié en 1996, en présence de 12 000 invités. Selon RFI, Grace, que ses adversaires ont surnommé “Disgrace”, s’est servie de sa position pour devenir une femme d’affaires richissime, accumulant résidences, propriétés et entreprises achetées pour une bouchée de pain”. Elle était, semble-t-il, aussi connue pour ses “dispendieuses virées shopping à Londres, Paris ou Hong Kong (et) ses ventes illégales de diamants”… En décembre 2018, la police sud-africaine avait demandé son arrestation pour une affaire d’agression contre une mannequin sud-africaine à Johannesburg l’année précédente.Jusqu’à 100 ans?“Comrade Bob” (Camarade Bob), comme on l’appelait, avait profité de ses 93 ans pour tordre le cou aux rumeurs sur son état de santé, bien décidé à perpétuer son règne. “La majorité des gens pensent qu’il n’y a personne pour me remplacer”, assurait-il lors d’un entretien télévisé. “Si je pense que je ne peux plus le faire, je le dirai pour que mon parti me remplace. Mais pour le moment, je ne pense pas pouvoir dire cela”, avait poursuivi le chef de l’Etat, pourtant apparu usé et hésitant. En 2016, pour son 92e anniversaire, il avait expliqué qu’il entendait vivre jusqu’à 100 ans… Il entendait donc gouverner jusque là. Il expliquait aussi qu’il se sentait frais comme un gardon. Et faisait encore de la gymnastique tous les matins. Cela n’a pas suffi pour le maintenir au pouvoir…
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