Pour la quatrième fois en compétition au Festival de Cannes, Paolo Sorrentino présente ce vendredi This must be the place, un film qui confirme l’immense talent de son interprète principal, . Quelques jours après avoir monté les marches avec Brad Pitt et Jessica Chastain pour The tree of life, de Terrence Malick. Changement de registre.

Ça doit être le lieu… Parce que Sean Penn et Paolo Sorrentino se sont rencontrés dans les coulisses du Festival de Cannes, en 2008, alors que le réalisateur italien recevait le prix du jury présidé par l’acteur. Sean avait glissé à Paolo: “Je tourne avec toi quand tu veux, où tu veux”. Ça doit être le lieu parce que, trois ans plus tard, dans la cité varoise, assis côte à côte pour la présentation de This must be the place à la presse, les deux hommes sont visiblement émus.

Dans ce film à la fois poignant, drôle et attachant, le héros, Cheyenne, une ex-rock star vivant de ses rentes, joue à la pelote avec sa femme sapeur-pompier (Frances McDormand, touchante) dans une piscine vide et s’interroge: «Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, mais je ne sais pas quoi»… Avec son look gothique vieillissant, sa démarche empesée, son caddie et ses rires murmurés, il impose, sans conteste, Sean Penn dans la course à la Palme du meilleur interprète masculin.

Trente ans à nier ses origines et son milieu juif ultra-orthodoxe – persuadé que son père ne l’aimait pas – et Cheyenne se trouve confronté à la réalité: pour se comprendre, dépasser sa dépression et son mal-être, il n’a d’autre choix que de renouer avec son passé. Hanté par la pensée de son père décédé, il se lance alors dans une quête qui le mène de Dublin au Texas jusque dans le grand Nord américain.

Un road movie à la fois grave et inattendu, doucereusement rock’n’roll, débordant d’humanité. Auquel il ne manque qu’une date de sortie en salle…

Amélie de Menou

Vendredi 20 mai 2011